Emotions et apprentissage : une question d'autonomie ?


Où l'on parle d'émotions, d'apprentissage et d'autonomie pour les enfants, les enseignants ou les parents. ;-) (et même en vidéo à la fin de l'article ?) 


1. Les émotions au cœur de l'apprentissage


Est-il nécessaire de le rappeler ? Les émotions jouent un rôle majeur dans les apprentissages et cela à plusieurs niveaux.

Tout d'abord, le climat, que ce soit dans une salle de classe ou à la maison. Je suis certaine que vous en avez déjà fait l'expérience... Un groupe d'élèves qui entrent en classe juste après une bagarre dans la cour sera beaucoup plus difficile à mettre au travail qu'un groupe serein. Un enfant fatigué, énervé, perturbé peut-être par sa journée, se mettra beaucoup moins facilement à ses devoirs à la fin de la journée. Vous aurez peut-être même à vous fâcher (tiens, une petite émotion!) ou à essuyer ses pleurs (tiens, une autre émotion!)

Les émotions sont partout (même moi, au moment où je rédige cet article, je me sens traversée par l'émotion : le doute, la peur de ne pas intéresser, de me tromper et cette émotion fait que j'ai davantage tendance à regarder par la fenêtre, à me sentir agitée qu'à me concentrer sur ce que j'ai à vous raconter...) et je dirais que, dans un groupe, elles sont omniprésentes.

Compliquées, les émotions :-( ... Il y a les nôtres, celles de nos collègues, celles de nos élèves ou enfants... Ça fait beaucoup à gérer.

Bien sûr, il y a des émotions qui favorisent l'apprentissage. On les connaît : la joie, la fierté d'avoir dépasser un obstacle, la fierté de réussir, de progresser, le plaisir d'apprendre, de coopérer, d'échanger. Tout cela fait qu'on se sent en confiance au cœur des apprentissages. Celles-là, elles sont top. Et on aimerait les ressentir tout le temps. Elles sont tellement géniales à ressentir que la plupart du temps, on les néglige, on les oublie presque parce que finalement, elles ne posent pas de problème !

Par contre, il y en a d'autres qui ne sont vraiment pas agréables à ressentir : la peur, la colère, la frustration, le stress …

Comme elles provoquent un malaise, on aura tendance à se focaliser davantage dessus.

Et on sait, qu'en plus de cela, ces émotions viennent perturber l'apprentissage en déconnectant le cerveau limbique (le siège des émotions) du néocortex (là où siègent nos aptitudes à apprendre, nos facultés de décision)(Pour en savoir plus, je vous conseille de regarder la vidéo qui reprend la théorie du cerveau de Daniel Siegel).

Parmi ces émotions désagréables, on peut distinguer, au moins, deux catégories :


    • celles qui parasitent l'apprentissage (la peur, la colère, le stress)

    • celles suscitées par l'apprentissage (le découragement, le sentiment d'incapacité, …)

On peut aussi ajouter les émotions suscitées par les neurones miroirs qui, elles, se déclenchent en réaction à une émotion perçue chez autrui (par exemple : un enfant en colère crie sur un autre enfant, le deuxième va crier en retour... C'est le jeu des neurones miroirs).


Bref, ça fait encore beaucoup d'émotions à gérer, tout ça ! Surtout quand c'est multiplié par vingt-cinq ou trente.


Et ça fait encore plus de choses à apprendre puisque les émotions, d'une manière plus ou moins directe sont inscrites dans le socle commun à tous les petits élèves de France.

Comme quoi, il est réellement question d'apprentissage, qu'on prenne le problème par un bout ou par l'autre.

2. L'apprentissage des émotions


Cependant, pour avoir discuté avec de nombreux enseignants, pour y avoir été confrontée moi-même lorsque j'étais enseignante, pour avoir observé des parents et vécu avec mes enfants, je constate (au moins) un problème : on ne prête attention qu'à la partie émergée de l'émotion (désagréable, cela va sans dire): l'agitation, les cris, la violence. C'est normal puisque cela perturbe l'environnement de la classe ou l'environnement familial et (on ne va pas se mentir), c'est fatiguant ! On risque même parfois d'y laisser notre peau !

Alors on va mettre en place tout un tas de trucs géniaux pour faire retomber l'émotion : techniques de respiration, méditation de pleine conscience, petits temps de sophro, etc. Tout ça, c'est absolument génial. Et il y a encore dix ans, c'était inconnu du grand public (et il y a trente ans, on n'en parle même pas!)

Mais tout cela ne suffit pas.

Pourquoi ?

Imaginez : vous avez mal aux dents. Si on s'en réfère aux pratiques autour de l'accompagnement des émotions aujourd'hui, vous allez prendre un comprimé de paracétamol et... et c'est tout. Mais une fois l'effet du cachet dissipé, que se passera-t-il ? Vous allez reprendre un cachet, puis un autre, puis un autre et ainsi de suite... (et vous aurez bousillé votre foie, c'est écrit sur la boîte!). A moins que... A moins que vous ne décrochiez votre téléphone et preniez rendez-vous chez votre dentiste préféré (en espérant qu'il y ait un rendez-vous en urgence!) qui vous dira tout en préparant sa piqûre anesthésiante : "Je  ne vous ai pas revu depuis votre contrôle annuel d'il y a cinq ans!" Gloups !

Vous voyez où je veux en venir ? Soulager, c'est bien. Guérir, c'est bien aussi. Mais prévenir, c'est encore mieux !

Pour les émotions, c'est pareil. S'occuper de l'agitation, apprendre le retour au calme, à exprimer sa colère sereinement, c'est très bien MAIS ça ne fait pas tout ! Ce qu'il faut, c'est comprendre. Comprendre quoi, me direz-vous ? Je vous le dirai dans quelques instants.

Le problème avec la compréhension, c'est que ça prend du temps. Et du temps, l'enfant en a devant lui... Le cerveau émotionnel ne commence à être opérationnel que vers 6 ans(ce qui veut dire qu'avant, c'est normal qu'il fasse des crises ou du moins, pas étonnant) pour achever sa maturité vers 25 ans. Ce qui fait 20 ans. Mais 20 ans pour quoi ? Eh bien, 20 ans pour comprendre comment fonctionne une émotion et devenir autonome en matière d'accompagnement de ses émotions.

Mais vous, en tant qu'adulte responsable d'un programme à tenir, une année scolaire à boucler, vous en avez beaucoup moins, de temps ! Et en plus, l'adulte que vous êtes a ses propres émotions avec lesquelles il est, soyons honnête, pas franchement toujours à l'aise.

Mais ne culpabilisons pas. Rome ne s'est pas faite en un jour et l'aventure ressemble plus au combat entre David et Goliath (dans lequel vous avez le rôle de David) qu'à une promenade de santé. Si vous ne devez garder qu'une seule chose à l'esprit, c'est que vous êtes avant tout, en tant qu'accompagnant d'enfants (que vous soyez parent ou enseignant ou les deux à la fois!), un semeur. Un semeur de graines (ce n'était pas vous sur les pièces de 1 franc ? ) qui espère que son champ donnera une bonne récolte mais qui ne peut contrôler ni la pluie ni les orages.

Mais comme moi aussi, je suis une semeuse à ma manière, je vous ai préparé des sachets de graines. Ces sachets, ce sont les livrets autour des émotions que vous retrouvez sur Eduki ;-)

3. Vers l'autonomie

Ils ont tous été conçus avec le même but : l'autonomie. Celles des enfants en matière d'émotions et la vôtre, que vous soyez parents ou enseignants. Et ils sont tous construits de la même manière (à peu de choses près).

Découvrez-les en vidéo. 

   


- Ils contiennent tous un conte dans lequel un enfant est confronté à une situation émotionnelle particulière (la peur, la confusion des émotions, le manque de confiance, etc). Ce conte n'a pas d'images. C'est fait exprès : cela facilite la projection de l'enfant dans l'histoire et les mots transmettent ainsi plus facilement leur message. De plus, une histoire permet d'enrichir son vocabulaire et ainsi de mieux exprimer ce que l'on a à dire.

    - Le but des livrets, outre l'autonomie, c'est de découvrir une méthode. Une méthode qui consiste en un va-et-vient entre le corps et ce que l'émotion a à dire. Car oui, une émotion, ça parle (c'est la grande découverte du livret intitulé l'histoire du petit petit roi.). Mais encore faut-il savoir l'écouter. Alors pour cela, à l'aide de dessins, de collages, de coloriage mais aussi de questions directes, l'enfant va apprendre à écouter son corps (car oui, le corps est primordial dans la perception de l'émotion, c'est même son premier moyen de communication) pour mieux entendre le besoin non comblé (tiens, tiens, un nouveau concept à explorer?) qui se trouve derrière.

    - Par la suite, l'enfant se verra proposer plusieurs activités apaiser ses émotions (la boîte anti-peur pour la petite étoile, un galet « confiance en soi » pour les cailloux de la réussite …). Cela lui permettra d'ancrer dans la matière tout le travail qu'il a fourni jusque-là, car, croyez-moi, c'est un vrai travail. Et puis en créant, il se relie à son univers intérieur, et ça, c'est très important.

Bien sûr, tout au long des livrets, il y a de petits encarts destinés aux accompagnants pour les aider à comprendre les enjeux des activités et les guider (et les rassurer) quant aux besoins de l'enfant. Et bien sûr, encore une fois, je reste disponible en cas de questions via le formulaire du site


Je vous dis à très vite pour de nouvelles aventures autour des émotions.



Mélanie

Auteur d'histoires qui aident les enfants à grandir.

Tags: émotions, émotion, conte, intelligence émotionnelle, gestion des émotions, education positive, conte, émotions, émotion, intelligence émotionnelle, education positive, gestion des émotions

Si tu aimes l'article, clique sur le cœur. Cela nous aide à savoir quels sont les articles qui valent particulièrement la peine d'être lus.


L'auteur·e L'atelier à histoires propose 4 ressources pédagogiques pour Enseignement Moral et Civique, Matériel interdisciplinaire et 5 autres matières - par exemple :

Commentaires et questions des autres utilisateur⸱rices
Connecte-toi pour laisser un commentaire.
Consulte également notre politique de confidentialité.